En mon for intérieur, je me demande comment ils font ensuite pour se nettoyer. J'apprendrai ensuite qu'il faut s'enduire d'huile !
Nous voici alors devant un magnifique lieu historique. En effet, un site spectaculaire de falaises en grès rouge en fer à cheval dominant les eaux vertes du lac Agastya nous attend. Ce fut la capitale des rois chalukya, rois puissants qui régnèrent sur le Deccan aux VIème et VIIème siècles.
Le nom de Vatapi a pour origine la légende de Vatapi de Ramayana et du sage Agastya. Nous pourrions l'intituler : "Tel est pris qui croyait prendre". Il était une fois 2 démons, Vatapi et Ilvala qui avaient la facheuse habitude de tuer des mendiants par la ruse. L'ainé Ilvala transformait Vatapi en bélier qu'il offrait en repas à ses invités. Aussitôt avalé, avant même d'être digéré, Ilvala rappelait Vatapi qui, en redevenant lui-même, faisait éclater le corps de son bien involontaire "hôte". Mais un jour, le sage Agastya réussit à digérer le démon avant qu'il ait eu le temps de redevenir lui-même. Si vous regardez bien autour de vous, vous verrez peut-être Vatapi et Ilvala devenus des collines !
Nous visitons 4 temples rupestres, richement décorés. La grotte 1 est dédiée à Shiva, la 2ème et la 3ème à Vishnou, et la 4ème, au sommet d'une des falaises, aux saints jaïns.
Pour accéder à la première grotte nous grimpons quelques marches. Nous arrivons à une véranda à piliers derrière laquelle se trouve un hall carré à colonne, avec un petit sanctuaire à lingam taillé dans le mur du fond. Au passage nous admirons de beaux panneaux sculptés au plafond (serpent enroulé, ...) et un des plus anciens et des plus beaux panneaux de Nataraja (shiva dansant à 12 bras) existant dans le Karnataka.
Nous grimpons ensuite plusieurs marches sous le regard moqueur de petits singes chapardeurs qui n'hésitent pas à ouvrir les fermetures des sacs à dos (n'est-ce pas Florian !). Attention à vos têtes chapeautées ! Dans la seconde grotte, grotte vaishnava nous restons cois devant une superbe frise de Varaba, avatar de Vishnou en sanglier.
A côté, la grotte 3 nous offre le spectacle d'un grand Vishnou à 4 bras représenté assis sur le serpent Adisesha, dont ses 5 capuchons protègent la couronne du dieu, et à ses pieds, sa monture, l'oiseau Garuda.
Nous nous dirigeons vers la grotte 4 accompagnés des singes et de quelques gouttes de pluie. Nous admirons des tirthankara jaïns. Je suis sûr que vous mourrez d'envie de savoir qui ils sont. Les Thîrthankara ou Thîrthakara sont les maîtres jaïns qui ont été divinisés car ils ont atteints la libération. Au nombre de 720 suivant la tradition ésotérique, seuls les 24 derniers sont vénérés. Les deux derniers sont des personnages historiques : Parshvanâtha ((8ème ou 7ème siècle av. J.C.) ascète qui aurait fondé un ordre comprenant 8 communautés) et Vardhamâna dit le Mahâvîra (c'est-à-dire le Grand), héros, contemporain du Bouddha, 6ème siècle av. J.C., de la même caste et originaire de la même région. Il se serait inspiré de l'enseignement de Parshvanâtha pour élaborer sa doctrine. Il meurt dans la ville de Pava au Bihar.
En sortant, nous en profitons pour admirer la vue sur ce grand réservoir d'eau verte.
Puis, nous redescendons vers le lac d'eau de pluie, en jouant à cache-cache, afin de louer des pédalos. Je ne vous dirai pas qui sont arrivés les premiers. Beaucoup se baignent (enfin pas nous !), d'autres font leur lessive ou se lavent (dur dur lorsque l'on est couvert de couleur !) , d'autres encore lavent leur vache : spectacle pittoresque garanti !
Nous visitons d'autres petits temples ; mais cette fois un charmant jeune guide nous a pris sous sa houlette.
Grâce à lui nous avons pu voir une grotte bouddhiste dans laquelle on ne pénétre qu'accroupi ou à genoux.
Retour en pédalo en remontant le cours de l'histoire. En effet, une reconstitution en ciment grandeur nature des hommes des cavernes à l'homme moderne jalonne le bord de la rive : très sympa.
Après un "lent" arrêt snack d'une heure, nous sommes en route pour Pattadakal. Ce complexe sacré occupe un site pittoresque sur les rives de la Malprabha. Dans un joli jardin paysager dont les couleurs sont ravivées par la pluie se dressent de beaux temples, certains d'inspiration du Nord de l'Inde, d'autres du Sud. Certains me font penser à des pains de sucres décorés de multitude motifs sculptés (motifs en fer à cheval, scènes mythologiques, de fables).
Florane et Laurie, bien trempée, s'interrompent dans leur partie de cache-cache et prennent la pose devant le temple en grès Galaganatha.
Les temples de Virupaksha et de Mallikarjuna, dédiés à Shiva, qui se seraient inspirés du Kailasanatha temple de Kanchipuram auraient à leur tour inspirés le colossal monolithe de Kailasanatha d'Ellora (cf notre blog). Qu'en pensez-vous ? A la tombée de la nuit , malgré la pluie, l'endroit respire la sérénité. Les singes joueurs retournent à priori dans leur arbre pour y passer la nuit.
Puis nous nous précipitons en voiture vers Aihole. Nous arrivons au crépuscule. Le site du Durga Temple est fermé. Mais, voyant quelques indiens y pénétrer, Dominique se mèle à eux, puis nous aussi avec l'aide, de nouveau, d'un charmant jeune guide. Soudain, ce dernier disparaît puis ... un policier apparaît nous demandant gentiment de quitter les lieux (regardez la photo, il est à droite) ; ce que nous faisons !
Voilà a priori une journée presque sans histoire, sans anicroche ! Ce détail est rectifié. La voiture de nos amis a crevé. Petit arrêt pour réparer la roue ... 30 INR un samedi et de nuit (Midas va souffrir !).
Le lendemain, avant de reprendre le chemin du retour, nous visitons Bijapur, ville fortifiée comme l'attestent ses remparts et de nombreux canons. Il y aurait même le plus grand de toute l'Inde à son époque (16ème et 17ème siècle) : le Malik-i-Maidan ("seigneur de la plaine"). Nous visitons le tombeau du Muhammad Adil Shah (1627-1656). Ce monument est appelé Gol Gumbad ou "dôme rond".
Il est le 2ème au monde après la basilique Saint-Pierre à Rome. Il repose sur une base de pétale et mesure près de 40 mètres de diamètre.
L'acoustique de la galerie circulaire est remarquable. Les enfants et les grands se sont bien amusés.
Enfin nous rentrons à la maison. Nous restons crispés dans la voiture tout au long du retour. Trop long (plus de 10h), trop de camions sur la route et dans les fossés (on en dénombrera 4 !). Pour la petite histoire, nous découvrirons à notre retour à Puné que notre 4*4 avec ses gros pneus larges avait aussi une roue crevée (heureusement que nous n'avons pas dû la changer de nuit et sous la pluie !).
Malgré cela, les enfants se sont bien amusés et nous avons eu quelques fous rire grâce à la petite troupe qui nous accompagnait : Pascale avec Laurie, Tanguy et Floriant ainsi que Fabrice et Cyril. Merci !
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