Coucou,


Qui êtes-vous ?

Papa est parti en expatriation à Puné en Inde.

21 au 23/3/08 - Bijapur, Badami, Pattadakal, Aihole

Ce fut un week-end à rebondissement et cela, bien avant le départ !

En effet, nous avons dû surmonter quelques difficultés : pour connaître les distances et les temps de trajet, pour trouver et surtout obtenir les confirmations de nos réservations ; confirmation plus que nécessaires pour éviter d'avoir une mauvaise surprise !
Puis ce fut le temps des désistements de dernière minute pour cause de maladie (grippe pour les uns et gastro pour les autres). Au lieu de partir à quatre voitures, nous voici donc à deux voitures dont une avec un chauffeur "en fin de formation ! - un grand merci Rafique !" (celui prévu étant lui aussi malade depuis la veille !).

Donc samedi matin, tous les survivants sont au rendez-vous à 8 heures devant le TAJ. Mauvaise surprise, la voiture louée par Pascale ne possède aucune ceinture.

Après 4 heures de route sous la chaleur, derrière des colonnes de camions plus ou moins fous, nous cherchons à nous sustenter quelques peu, au grand soulagement de Pascale, Fabrice, des enfants et de Dominique qui commençait à donner des signes de faiblesse du fait de la chaleur. Après s'être demandé si le restaurateur n'avait pas été chasser un poulet pour nous, nous savourons enfin un excellent Chicken Tandoori. Après deux bonnes heures de pause et encore la moitié du chemin à parcourir nous repartons vers notre première destination : Bijapur.

Mais voici que le ciel s'assombrit de nouveau (au sens figuré). Dominique, après avoir parcouru près des trois-quart du trajet, n'en peut plus et veut rentrer au bercail bien au ... frais. Après pas mal de tergiversation, nous décidons de rejoindre Bijapur où j'espère, pour avoir la vie sauve, que l'hôtel sera correct et le médecin compétent.
Ouf, nous voici enfin devant un hôtel, jaune canari et vert perruche avec un ravissant petit jardin.
Après quelques échanges de chambres (problème d'espace pour les familles complètes, de salles de bain plus ou moins propres et enfin de AC), dans la bonne humeur, nous décidons d'aller dîner sous les branches d'un superbe arbre. Décidément nous ne devions pas être sous une bonne étoile, à peine installés, des trombes d'eau nous tombent sur la tête au grand plaisir de Dominique qui revit !. Nous qui voulions tant recevoir un peu de fraicheur, nous étions exhaucés au centuple !

Après une bonne nuit de sommeil, bien réparatrice pour certains, nous partons vers Badami. Tout au long du trajet, nous profitons du spectacle de la fête d'Holi (fête des couleurs). Nous croisons des gens colorés qui n'hésitent pas à mettre des pierres voire des troncs d'arbre au milieu de la route pour "rançonner" gentiment (5 INR) ou arroser de couleurs les véhicules qui passent (fermer vos fenêtres !, n'est-ce pas Hélène !).

Nous empruntons une petite route bien sympatique qui traversent des champs, des petits villages, ... ... des fermes ...Nos véhicules servent de meuleuse pour battre le grain : en effet, les paysans mettent leur récolte au milieu de la route dans le but que des véhicules roulent sur les céréales !

Soudain, nous stoppons brutalement : un sssssserpent, sssssssemble-t-il un cobra, se dore de tout son long en travers de la route. Notre arrivée le dérange dans sa sieste. Je n'ai même pas le temps de sortir mon appareil photo ! Heureusement, Dominique plus prompt qu'un cobra le capture ... dans la caméra !

Puis, nous apercevons un marché aux bestiaux. Que de couleurs ! En effet, ils colorient souvent les animaux.

Enfin nous arrivons à Badami (autrefois appelée Vatapi) où tout semble à l'arrêt ! Pour la fête d'Holi beaucoup de magasins sont fermés. Quel calme étrange ! Nous croisons des petites troupes multicolores (les rouges, roses, bleus, verts rivalisent avec les argentés et dorés).

En mon for intérieur, je me demande comment ils font ensuite pour se nettoyer. J'apprendrai ensuite qu'il faut s'enduire d'huile !

Nous voici alors devant un magnifique lieu historique. En effet, un site spectaculaire de falaises en grès rouge en fer à cheval dominant les eaux vertes du lac Agastya nous attend. Ce fut la capitale des rois chalukya, rois puissants qui régnèrent sur le Deccan aux VIème et VIIème siècles.

Le nom de Vatapi a pour origine la légende de Vatapi de Ramayana et du sage Agastya. Nous pourrions l'intituler : "Tel est pris qui croyait prendre". Il était une fois 2 démons, Vatapi et Ilvala qui avaient la facheuse habitude de tuer des mendiants par la ruse. L'ainé Ilvala transformait Vatapi en bélier qu'il offrait en repas à ses invités. Aussitôt avalé, avant même d'être digéré, Ilvala rappelait Vatapi qui, en redevenant lui-même, faisait éclater le corps de son bien involontaire "hôte". Mais un jour, le sage Agastya réussit à digérer le démon avant qu'il ait eu le temps de redevenir lui-même. Si vous regardez bien autour de vous, vous verrez peut-être Vatapi et Ilvala devenus des collines !

Nous visitons 4 temples rupestres, richement décorés. La grotte 1 est dédiée à Shiva, la 2ème et la 3ème à Vishnou, et la 4ème, au sommet d'une des falaises, aux saints jaïns.

Pour accéder à la première grotte nous grimpons quelques marches. Nous arrivons à une véranda à piliers derrière laquelle se trouve un hall carré à colonne, avec un petit sanctuaire à lingam taillé dans le mur du fond. Au passage nous admirons de beaux panneaux sculptés au plafond (serpent enroulé, ...) et un des plus anciens et des plus beaux panneaux de Nataraja (shiva dansant à 12 bras) existant dans le Karnataka. Nous grimpons ensuite plusieurs marches sous le regard moqueur de petits singes chapardeurs qui n'hésitent pas à ouvrir les fermetures des sacs à dos (n'est-ce pas Florian !). Attention à vos têtes chapeautées ! Dans la seconde grotte, grotte vaishnava nous restons cois devant une superbe frise de Varaba, avatar de Vishnou en sanglier. A côté, la grotte 3 nous offre le spectacle d'un grand Vishnou à 4 bras représenté assis sur le serpent Adisesha, dont ses 5 capuchons protègent la couronne du dieu, et à ses pieds, sa monture, l'oiseau Garuda. Nous nous dirigeons vers la grotte 4 accompagnés des singes et de quelques gouttes de pluie. Nous admirons des tirthankara jaïns. Je suis sûr que vous mourrez d'envie de savoir qui ils sont. Les Thîrthankara ou Thîrthakara sont les maîtres jaïns qui ont été divinisés car ils ont atteints la libération. Au nombre de 720 suivant la tradition ésotérique, seuls les 24 derniers sont vénérés. Les deux derniers sont des personnages historiques : Parshvanâtha ((8ème ou 7ème siècle av. J.C.) ascète qui aurait fondé un ordre comprenant 8 communautés) et Vardhamâna dit le Mahâvîra (c'est-à-dire le Grand), héros, contemporain du Bouddha, 6ème siècle av. J.C., de la même caste et originaire de la même région. Il se serait inspiré de l'enseignement de Parshvanâtha pour élaborer sa doctrine. Il meurt dans la ville de Pava au Bihar.

En sortant, nous en profitons pour admirer la vue sur ce grand réservoir d'eau verte.

Puis, nous redescendons vers le lac d'eau de pluie, en jouant à cache-cache, afin de louer des pédalos. Je ne vous dirai pas qui sont arrivés les premiers. Beaucoup se baignent (enfin pas nous !), d'autres font leur lessive ou se lavent (dur dur lorsque l'on est couvert de couleur !) , d'autres encore lavent leur vache : spectacle pittoresque garanti ! Nous visitons d'autres petits temples ; mais cette fois un charmant jeune guide nous a pris sous sa houlette. Grâce à lui nous avons pu voir une grotte bouddhiste dans laquelle on ne pénétre qu'accroupi ou à genoux. Retour en pédalo en remontant le cours de l'histoire. En effet, une reconstitution en ciment grandeur nature des hommes des cavernes à l'homme moderne jalonne le bord de la rive : très sympa.

Après un "lent" arrêt snack d'une heure, nous sommes en route pour Pattadakal. Ce complexe sacré occupe un site pittoresque sur les rives de la Malprabha. Dans un joli jardin paysager dont les couleurs sont ravivées par la pluie se dressent de beaux temples, certains d'inspiration du Nord de l'Inde, d'autres du Sud. Certains me font penser à des pains de sucres décorés de multitude motifs sculptés (motifs en fer à cheval, scènes mythologiques, de fables). Florane et Laurie, bien trempée, s'interrompent dans leur partie de cache-cache et prennent la pose devant le temple en grès Galaganatha.

Les temples de Virupaksha et de Mallikarjuna, dédiés à Shiva, qui se seraient inspirés du Kailasanatha temple de Kanchipuram auraient à leur tour inspirés le colossal monolithe de Kailasanatha d'Ellora (cf notre blog). Qu'en pensez-vous ? A la tombée de la nuit , malgré la pluie, l'endroit respire la sérénité. Les singes joueurs retournent à priori dans leur arbre pour y passer la nuit.

Puis nous nous précipitons en voiture vers Aihole. Nous arrivons au crépuscule. Le site du Durga Temple est fermé. Mais, voyant quelques indiens y pénétrer, Dominique se mèle à eux, puis nous aussi avec l'aide, de nouveau, d'un charmant jeune guide. Soudain, ce dernier disparaît puis ... un policier apparaît nous demandant gentiment de quitter les lieux (regardez la photo, il est à droite) ; ce que nous faisons !


Voilà a priori une journée presque sans histoire, sans anicroche ! Ce détail est rectifié. La voiture de nos amis a crevé. Petit arrêt pour réparer la roue ... 30 INR un samedi et de nuit (Midas va souffrir !).

Le lendemain, avant de reprendre le chemin du retour, nous visitons Bijapur, ville fortifiée comme l'attestent ses remparts et de nombreux canons. Il y aurait même le plus grand de toute l'Inde à son époque (16ème et 17ème siècle) : le Malik-i-Maidan ("seigneur de la plaine").
Nous visitons le tombeau du Muhammad Adil Shah (1627-1656). Ce monument est appelé Gol Gumbad ou "dôme rond". Il est le 2ème au monde après la basilique Saint-Pierre à Rome. Il repose sur une base de pétale et mesure près de 40 mètres de diamètre. L'acoustique de la galerie circulaire est remarquable. Les enfants et les grands se sont bien amusés.

Puis visite du complexe funéraire Ibrahim Rauza qui réunit un cénotaphe (à gauche) et une mosquée (à droite).




Enfin nous rentrons à la maison. Nous restons crispés dans la voiture tout au long du retour. Trop long (plus de 10h), trop de camions sur la route et dans les fossés (on en dénombrera 4 !). Pour la petite histoire, nous découvrirons à notre retour à Puné que notre 4*4 avec ses gros pneus larges avait aussi une roue crevée (heureusement que nous n'avons pas dû la changer de nuit et sous la pluie !).

Malgré cela, les enfants se sont bien amusés et nous avons eu quelques fous rire grâce à la petite troupe qui nous accompagnait : Pascale avec Laurie, Tanguy et Floriant ainsi que Fabrice et Cyril. Merci !

8/3/08 - Les vignobles

Il existe une dizaine de vignobles en Inde, dont la moitié a été créée ces deux dernières années. Par ailleurs, le climat chaud et humide permet aux viticulteurs de faire deux vendanges par an. Les principaux cépages ont été importés de l'étranger. Il y a notamment le Cabernet, le Chardonnay, le Muscat, le Sauvignon, le Pinot noir, ...
Du fait des taxes sur les vins importés, le prix des vins étrangers peut être multiplié jusqu'à 8. Les vins indiens sont donc largement plus accessibles.

Janvier à mars constitue une bonne période pour visiter, mais il est nécessaire de réserver. Les vignobles proposent de tester leurs vins sauf les jours 'dry days' !

Il y a trois producteurs principaux sur le marché indien :

-> 8/3/08 : visite du vignoble Indage (Narayangaon : 2 h de Puné) - http://www.indagegroup.com/


On peut compléter son voyage par un repas bio et une visite de ferme (Vithal Shinde : 99 2244 3071).


-> ?/?/? : visite du vignoble Sula (Nashik : 5 h de Puné) - http://www.sulawines.com/


-> Visite du vignoble Grover (Bangalore) - http://www.groverwines.com/

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